La vie d'être humain n'est que du ressenti à vivre

De part le simple fait que nous sommes des humains, avec toute notre histoire personnelle et celle de notre lignée, mais également en raison de toute l’histoire de l’humanité, il n’y a pas beaucoup d’humains qui ne sont pas touchés par la peur du rejet, la peur de l’abandon, la peur de la souffrance, la peur de la mort. Nous avons tous des peurs qui se promènent dans notre inconscient.

C'est notre travail d’humain de vivre ces émotions et d’arriver à les transcender pour les faire évoluer.

Tout cela est naturel mais vous devez savoir en tenir compte pour comprendre votre corps et reconnaître l’importance de ce qu’il vous donne comme aide au lieu de vous considérer comme sa victime. Tout cela a un impact sur votre corps et vous ne pouvez pas le nier.

Cela veut dire aussi que l’on ne peut pas non plus tout expliquer par la mécanique. Il n’y a pas que la mécanique ou la chimie du corps. Les thérapeutes expérimentés pourront vous dire que lorsqu’ils mettent en tension une chaîne musculaire pour l’aider à s’équilibrer, ils peuvent sentir qu’elle résiste, qu’elle ne veut pas lâcher, qu’il y a quelque chose qui dépasse le simple muscle raide. Ils ressentent que c’est toute la peur de « lâcher quelque chose » qui s’exprime dans la chaîne musculaire. Parfois c’est une peur sidérante, immense ressenti lors d’un choc ou d’un évènement vécu il y a des années qui est restée enkystée dans le corps. C’est pour cela qu’il y a des auteurs qui se sont penchés sur la symbolique du corps. Sur l’expression de l’émotion verrouillée dans le geste et dans le mouvement. Il faut savoir que toute émotion qui n’a pas été vécue, c’est le corps qui la gère.

L’être humain est devenu si éduqué et si policé qu’il peine à vivre ses émotions. Ils sait en parler mais refuse encore trop souvent de les vivre avec ses tripes. Le seul moyen de libérer une émotion n’est pas d’en parler mais de la vivre vraiment de tout son corps et de tout son être. De se plonger dedans. Inconsciemment, l’être humain a tendance à repousser à l’extérieur de lui ce qui génère l’émotion en accusant les autres: « les gens sont comme ci », « les gens m’ont fait cela », « lui, il est comme-ci ou comme-ça »….

L’être humain peut repousser l’émotion en pleurant le fait qu’il est encore une fois victime d’une situation, il va pleurer la rage et l’impuissance qu’il a envers la vie, son état de victime, plutôt que l’émotion elle-même. C’est plus facile de vivre cela plutôt que de vivre vraiment l’émotion elle même. Bien souvent vous pleurez le fait que vous avez été abandonné ou que vous avez été encore une fois abandonné plutôt que de vous laisser pleinement aller à ressentir dans toutes vos cellules « je suis seul, abandonné, laissé par terre comme une pauvre chose dont tout le monde se moque, comme un rien du tout ».

Les gens ne veulent pas connecter cela en eux. Alors que c’est cela qui permet au corps de se libérer. Parce que tant que l’émotion n’est pas vécue par « qui vous êtes », c’est le corps qui la stocke pour vous et la gère en attendant que vous preniez enfin le relais.

Ceci est un point important pour comprendre que vous n’avez besoin de rien ni de personne pour commencer à soulager votre corps. Vous avez juste besoin de le décharger de ces émotions non digérées qui l’oppressent. Vous avez juste besoin de prendre conscience de cette mécanique émotionnelle et de ses impacts corporels.

Votre corps est victime à chaque fois que vous ne vivez pas l’émotion qui se présente à vous.

C’est vrai que nous vivons dans une société où vivre l’émotion n’est pas très bien vu.  Vous aurez plutôt tendance à essayer de montrer que vous êtes grand et fort. Ou vous aurez plutôt tendance à vous « écraser » complètement. Donc c’est le corps qui va devoir gérer ce que vous n‘avez pas réussi à vivre vraiment avec vos tripes. C’est dans vos tripes que cela se joue.

Votre santé doit être une priorité par rapport à cette chape de plomb sociale. Rien ne vous empêche de vous isoler quelques instants quand vous avez une émotion à vivre, pour ensuite reprendre votre vie sociale. Prenez un temps pour vous quand il y a quelque chose qui vous émeut à l’intérieur, ou que vous sentez une émotion se présenter à vous même si rien ne la justifie dans ce que vous vivez dans l’instant, pour ressentir pleinement et vivre dans tout votre corps ce que vous ressentez.

Vivez l’émotion comme un acteur qui doit jouer l’émotion, si cela peut vous aider.

La vie d’être humain n’est que du ressenti à vivre. Alors que nous avons appris, dans la société dans laquelle nous vivons, que l’émotion doit être le plus souvent possible refusée, cachée, niée. Un être humain qui écoute ses émotions, qui les ressent et qui les accepte pleinement en les vivant est un individu libéré. En vous coupant de vos émotions vous êtes peut-être socialement policé et conforme, mais vous perdez votre liberté d’être. Et même dans cette attitude anti-naturelle, dans cette voie sans issue qui vous éloigne de votre plein potentiel, votre corps vous soutient jusqu’à la mort, mais cela l’épuise profondément. En effet, pendant que vous niez vos émotions, que vous refusez de les laisser s’exprimer, c’est votre suspension hydropneumatique, et donc votre corps, qui encaisse l’accumulation toxique d’émotions stockées à l’intérieur de vous. C’est votre corps qui prend cela en charge. Donc si vous voulez aider votre corps, vous n’avez pas d’autre option que d’apprendre à vivre pleinement vos émotions.